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 in your warmth I forget how cold it can be

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MessageSujet: in your warmth I forget how cold it can be   Lun 26 Sep - 19:46



( mayella milburn )
20 ans | médiatrice culturelle | lavandia lane

prénom|nom Mayella, Milburn. Un nom banal pour une fille banale dans une famille banale. Le genre de nom que personne ne retient très longtemps. lieu de naissance Roslindale. Dans ses moments de morosité, elle va jusqu'à se dire qu'elle y mourra aussi. nationalité|origine Elle est américaine. Quant à ses origines, eh bien c'est une bonne question. situation financière ($$$$$$), son maigre salaire est souvent ponctionné par son père, qui n'arrive plus à couvrir seul tous les frais du foyer. Ça lui fait bizare de se dire qu'il dépend un peu d'elle pour survivre. statut civil célibataire. orientation sexuelle a priori hétérosexuelle. ambitions|rêves gagner en indépendance ? Tant financière qu'émotionnelle. Ou bien voir surgir de nulle part un agent artistique qui pointerait son doigt boudiné vers elle en clamant « je vais faire de vous une star ! » j'aime le pain d'épice, les Ramones, regarder des vieux films, le théâtre d'improvisation, les chiens, faire du patinage à roulettes j'aime pas la foule, manger en présence de quelqu'un, Stanley Kubrick, les orages, les blagues vaseuses traits de caractère discrète, taciturne, créative, solitaire, émotive, instable, excessive. crédits amarling@tumblr.


anything you can do
Mayella vit toute seule avec son père. Il la terrifie, sincèrement, complètement, mais elle arrive à dissimuler sa terreur. Il est imprévisible, et bien qu'elle soit sincèrement attachée à lui, il lui arrive de chercher du répit en glissant des somnifères dans la nourriture qu'elle lui prépare, lorsqu'elle sent que tout peut basculer. C'est sale, sans doute, mais les Milburn sont tous des sales. ○ Elle a un grand frère, Hoyt, avec qui elle a du mal à maintenir un réel lien depuis qu'il a quitté la maison familiale, il y a de cela plusieurs années — cinq ans, peut-être plus. Il n'a pas très bien tourné, elle le sait et en souffre beaucoup, étant donné qu'il serait bien incapable d'offrir ne serait-ce qu'une once de réconfort. Elle en est même à un point où elle envisage d'abord d'aller sonner à la porte du meilleur ami de son frère plutôt que celle de son propre frère. Si c'est pas inquiétant, ça. ○ Mayella est passionnée par le théâtre d'improvisation. Elle a commencé quand elle avait quatorze ou quinze ans, encouragée par sa prof d'anglais. Les débuts ont été laborieux, bien sûr, mais maintenant, maintenant, personne ne pourrait nier qu'elle est faite pour ça. Quand elle est sur scène, elle n'a plus rien de la fille réservée qui longe les murs pour qu'on ne la regarde pas. Elle rayonne, s'épanouit, sourit plus que jamais et fait rire les gens avec une facilité que personne ne soupçonnerait. Seulement, elle fait en sorte que personne qu'elle connait ne la voie sur scène. Seuls son père et son frère savent qu'elle fait du théâtre, mais elle n'autorise aucun des deux à venir la voir – les dissuader n'a rien de compliqué puisqu'en général ils ne veulent même pas se pointer à la moindre représentation. ○ Elle se tresse presque toujours les cheveux. C'est le compromis idéal, sans doute. Cela lui permet de garder ses cheveux longs tout en évitant de les avoir perpétuellement dans la figure. Cela lui donne aussi une illusion de contrôle sur son image – ouais, bon. ○ Sa mère est partie alors qu'elle avait treize ans. Son père lui a dit qu'elle était partie avec un autre, cette salope. Mais elle n'est plus très sûre que cela soit totalement vrai. ○ Son job au musée a au moins l'avantage de lui avoir permis d'apprendre toute l'histoire de la ville et de ses environs. Du coup, il lui arrive parfois de faire une petite leçon d'histoire en dehors du cadre professionnel — le plus souvent aux filles de sa troupe de théâtre, parfois au pauvre Oliver qui doit avoir envie de l'étriper mais est trop poli pour s'arrêter de sourire. ○ Elle adore regarder des vieux films. Le top, c'est quand elle peut aller les voir au cinéma, mais il lui arrive parfois d'avoir la télé pour elle toute seule certains soirs, et elle se fait alors un plaisir de regarder Rear Window, enveloppée dans un immense plaid. ○ Elle ne s'exprime pas de la manière la plus exemplaire qui soit. Certaines règles de grammaire lui passent au-dessus de la tête – à quoi bon utiliser les négations ? – et les jurons peuvent facilement s'immiscer dans son discours dès lors qu'elle est un peu trop sollicitée. ○ Mayella a le permis de conduire, mais n'a pas de voiture.


pseudo|prénom enimoe/noémie. âge|lieu de résidence 23 ans, france. avatar sophie turner. fréquence de connexion quotidienne. nature du lien inventé. commentaires|autres      

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Dernière édition par Mayella Milburn le Lun 26 Sep - 22:07, édité 8 fois
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MessageSujet: Re: in your warmth I forget how cold it can be   Lun 26 Sep - 19:47

get out of my life


La table était mise. Un couteau, une fourchette, un verre d’eau – on ne savait jamais, l’espoir faisait vivre –, le tas de courrier du jour à droite du couteau, la télécommande de la télé à gauche de la fourchette. L’assiette était dans le four encore un peu chaud, pour éviter que le diner ne refroidisse. La télé était allumée – Fox News. Derrière le plan de travail, elle nettoyait sa propre assiette, dont elle avait avalé le contenu plus d’une demi-heure auparavant. C’était comme ça. Elle était habituée à manger seule.
Elle rangeait dans le tiroir ses propres couverts quand le bruit de moteur retentit dans l’allée. Elle sortait l’assiette du four quand la portière de la voiture claqua. Elle s’assurait qu’il restait bien une bouteille de vin dans le placard de la cuisine quand la porte d’entrée s’ouvrit.
« Salut, articula-t-elle de la voix égale qu’elle adoptait toujours le soir.
‘soir, » lui répondit-il tout aussi sobrement.
Elle alla déposer l’assiette sur la table tandis qu’il se déchaussait, et retourna dans la cuisine lorsqu’il s’installa. Il laissa échapper un petit rire détendu et lui lança, affable :
« Tu peux m’amener un verre propre ? Je crois que tu t’es trompée.
Oh, désolée. »
Désolée, elle l’était. Mais elle ne se départit pas de son sourire avenant, et se saisit d’un verre ainsi que de la bouteille de vin qui était dans le placard de la cuisine. Elle amena le tout au salon, le posa sur la table, et repartit à la cuisine, le verre d’eau à la main. Elle le vida, dépitée, dans l’évier, et s’appuya contre le plan de travail.
« Bonne journée ? » s’enquit-elle aussi nonchalamment que possible, consciente que la réponse qu’elle obtiendrait définirait l’humeur générale à laquelle elle allait être confrontée ce soir là.
Un grognement mécontent lui répondit. Ah.
« Et toi ? demanda-t-il finalement, entre deux bouchées.
Euh, ça va. »
Elle ne lui raconta pas le contretemps qu’ils avaient rencontré pour la préparation de l’exposition sur l’art amérindien, pas plus qu’elle ne s’éternisa sur la crise d’appendicite de Zola en plein entrainement d’impro. Elle savait qu’il ferait mine de s’y intéresser, mais qu’il aurait tout oublié le lendemain, trop occupé qu’il était à ouvrir le courrier.
« C’est quoi, ça ? » lança-t-il en fixant une enveloppe qu’il était sur le point d’ouvrir.
De là où elle était, il lui était impossible d’identifier le logo de l’expéditeur. Mais le ton contrarié qu’il avait adopté lui indiquait qu’elle avait tout autant intérêt à ne pas s’approcher pour aller l’identifier. Il ouvrit l’enveloppe dans un déchirement rageur, et elle attendit.
« Ils veulent quoi eux, encore ? Tu devais pas les appeler ? »
Elle réfléchit rapidement et eut vite fait de deviner que c’était le fournisseur d’électricité qui devait encore faire des siennes.
« Je les ai appelés la semaine dernière.
Alors pourquoi ils sont encore là à me faire chier ? T’as vu tout ce qu’on leur doit, putain ? »
Il projeta la feuille dans la direction de Mayella, qui dut se déplacer pour aller la ramasser. Elle jeta un coup d’oeil au montant indiqué avant de reprendre la parole d’une voix incertaine.
« Je les ai appelés la semaine dernière. Je leur ai dit de plus faire de prélèvement depuis ton compte. J’ai dit à la banque de faire un virement depuis le mien pour régulariser. Je te ju-
Alors pourquoi ils sont encore là à me faire chier ? demanda-t-il à nouveau, d’une voix de plus en plus forte. J’ai plus un rond et vous continuez à me foutre dans la merde !
Je sais pas, je vais les rappeler demain, je vais trouver une solution. »
Il bouillonnait, elle le voyait bien. Il agrippait ses couverts comme s’il s’apprêtait à commettre un meurtre.
« Ça serait bien que tu te bouges le cul, pour une fois, » cracha-t-il alors qu’elle regagnait la cuisine.
Elle ne répondit rien – elle savait qu’il n’y avait rien à répondre. Elle l’écouta maugréer sans rien dire – et comment il passait ses journées à trimer pendant qu’elle foutait rien de sa vie, et qu’il fallait encore qu’on lui pourrisse l’existence quand il rentrait de ses journées épuisantes ; et comment ils le faisaient tous chier, à le foutre dans la merde alors qu’il était complètement fauché ; et comment il avait envie de tout foutre en l’air et-
« Calme-toi, papa, je vais m’en occuper, » finit-elle par murmurer alors qu’il marquait une pause pour descendre son deuxième verre de vin d’une seule traite.
Il se figea alors, et se tourna légèrement vers elle, toujours assis sur sa chaise, son assiette à moitié vide.
« “Calme-toi, papa” ? D’où tu te permets de me dire ça ? Si tu savais comme ça peut me faire chier, put- »
Il s’interrompit, les mots ne suffisant visiblement plus à exprimer sa frustration. Alors sa main s’empara de la télécommande de la télé – qui jacassait toujours beaucoup trop fort – et la balança contre le mur de la cuisine.
Que Mayella se soit trouvée sur la trajectoire de son lancer était évidemment complètement fortuit. Le coin de l’objet vint heurter son visage, juste sur sa pommette droite, avant d’aller se fracasser contre la cloison. Un simple et faible cri de surprise s’échappa d’entre les lèvres de la jeune fille, et ensuite, tout fut silencieux – à l’exception du présentateur de Fox News, qui ne savait jamais quand il était préférable de la fermer. Mayes porta sa main à sa joue avec délicatesse, et sentit sous ses doigts un faible filet de sang.
« Oh merde, gamine, ça va ? »
Elle leva les yeux pour voir son père debout, près de la table, un bras tendu vers elle dans un geste inquiet. Elle lut dans son regard un réel désarroi, et de la culpabilité comme elle n’en avait jamais vue.
« Ç-ça va, balbutia-t-elle, fébrile. C’est pas grave, ça va.
Je suis tellement désolé, pardon, je vais t’aider à soigner ça, je- » il fit mine de s’approcher d’elle, et elle ne put s’empêcher d’esquisser un pas de recul, les jambes tremblant légèrement.
« Ça va, t’inquiète, je m’en occupe, je suis désolée, ça va, c’est rien, » s’entendit-elle psalmodier alors qu’elle se dirigeait vers la salle de bain d’un pas hésitant.
Elle trouva le flacon à moitié vide de désinfectant sans vraiment avoir à le chercher, s’empara au passage d’une compresse, de sparadrap et de pommade cicatrisante, le tout en moins de vingt secondes. Elle s’assit sur le rebord de la baignoire et fixa le mur qui lui faisait face, son bazar médical toujours calé habilement entre les doigts de sa main gauche. Tout allait bien. Tout irait bien. C’était qu’un accident. Elle le savait pertinemment, que ce n’était qu’un accident. Comme pour l’histoire des clefs de voiture, deux mois auparavant. Elle inspira profondément, retint sa respiration quelques secondes, et la relâcha longuement, puis recommença, à deux reprises. Tout irait bien, se répéta-t-elle une nouvelle fois, avant de se lever.
La plaie était ridicule – une minuscule coupure, dont elle s’occupa en un rien de temps. Alors elle attendit, une minute, deux, dix, sans rien faire d’autre que fixer son reflet dans le miroir.
Lorsque, après quinze minutes d’absence, ses pieds la ramenèrent dans le salon, elle le trouva vide. La table avait été débarrassée, la vaisselle lavée, la télé éteinte. Du jamais vu. Sur le plan de travail, un mot l’attendait : Je les appellerai demain.




Ce n’était pas le genre d’endroits qu’elle affectionnait particulièrement. Elle ne savait même pas pourquoi elle avait fait le déplacement. Elle passait inaperçue, dans la foule compacte qui se massait dans le minuscule sous-sol du bar. Personne ne la remarquerait, pas même Hoyt, ni Oliver. Pourtant elle était venue. Elle n’avait pas mangé ce soir-là, et avait même oublié de prendre une veste, dans sa hâte de ne surtout rien rater. La pluie avait collé ses cheveux en d’épaisses mèches qui se collaient contre son visage, mais cela ne l’aidait que davantage à se fondre dans la masse de corps en sueur. Elle détestait tout ça. C’était trop. Trop étouffant. Trop intense. Trop différent d’elle. Mais elle serra les dents et resta à sa place, au premier rang, près du mur. Invisible, mais présente. Leur fan numéro un – elle s’était elle-même attribué ce titre, cela va sans dire. De là où elle se tenait, elle apercevait la silhouette dégingandée de Hoyt, qui vivait le spectacle comme si sa vie en dépendait – peut-être était-ce le cas, peut-être que jouer l’empêchait de dérailler. Il ne la voyait pas, de là où il était, et même s’il avait été plus près d’elle, il ne l’aurait pas vue. Il ne la voyait jamais, de toute façon. De là où elle se tenait, elle voyait parfaitement Oliver, tout en finesse et volupté. Rien à voir avec la passion saccadée de son frangin, et pourtant tellement semblable à lui. Il sourit et elle sourit en retour, avant de se souvenir qu’il ne la regardait même pas.
Elle n’écoutait pas vraiment. C’était un peu trop nouveau, tout ça. Elle n’avait pas l’habitude de venir les voir, elle déclinait toujours les invitations que l’un ou l’autre des garçons s’obstinait à lui lancer, se cachant derrière un prétexte minable que personne ne gobait mais dont personne ne se préoccupait. Elle ne manifestait son soutien — son admiration – que dans le cadre privé, loin des inconnus qui se pressaient maintenant contre elle. C’était effarant, d’ailleurs, de voir la quantité de personnes qui étaient là. C’était peut-être la taille restreinte de la salle qui faisait cet effet. Ou peut-être devenaient-ils un peu connus, mine de rien, et elle n’avait rien vu venir. Aucune idée. Aucune importance.
Il était presque vingt-deux heures. C’était presque fini. Ils allaient même être à l’heure. Elle laissa un sourire se glisser timidement sur son visage et consentit enfin à se détendre. La toute dernière chanson commença – elle la connaissait par coeur – et c’est ce moment que choisit Oliver pour tendre la main dans sa direction. Son coeur cessa de battre pendant un très douloureux instant. Il voulait qu’elle monte sur scène. Elle. Pourquoi elle ? Parce qu’elle était leur fan numéro un, bien sûr. Elle commença à tendre à son tour le bras pour répondre à son invitation, trop flattée et extatique pour paniquer à l’idée de se retrouver sur une scène – estrade, plutôt – où elle n’avait rien à faire. Ce ne fut cependant par sur sa main que les doigts d’Ollie se refermèrent, mais sur ceux d’une fille à côté d’elle. Il la hissa sur scène, et tandis qu’elle s’envolait, Mayella sentit un gouffre s’ouvrir sous ses pieds et l’engloutir. Son premier réflexe fut de s’assurer que personne ne l’avait vue se ridiculiser, mais c’était inutile – elle était invisible, bon sang. Et puis le dépit la submergea, prit le dessus, la fit reculer jusqu’aux escaliers, tandis que son statut de fan numéro un tombait en miettes aux pieds de la blondinette qui se dandinait désormais avec entrain devant tout le monde.
L’air était plus respirable en haut, moins chargé. Mais elle suffoquait toujours, encore étourdie par le poids de la déception. Elle se fraya un chemin jusqu’au bar et commanda une bière – grâce à la fausse carte d'identité fournie par Hoyt lui-même – plus pour se donner une contenance qu’autre chose, avant d’avoir le temps de se souvenir qu’elle n’avait pas de quoi la payer. Elle s’apprêtait à interpeller le barman pour annuler sa commande lorsque le jeune homme assis à ses côtés lui indiqua avec jovialité qu’il allait lui la payer, sa bière, et toutes celles qui allaient suivre. Elle sourit poliment, le regard un peu morne, et décida d’attendre Hoyt en sirotant une bière. Puis une deuxième. Il était vingt-deux heures trente et son compagnon improvisé devenait plus insistant, à l’instar de la fatigue qui engourdissait ses doigts autour de sa pinte. Hoyt ne refaisait toujours pas surface. Ils allaient être en retard.
« Tu attends quelqu’un ? s’enquit finalement le jeune homme – Lewis, il s’appelait – après qu’elle eut regardé l’heure pour la quatrième fois en cinq minutes.
Oui répondit-elle à contrecoeur tout en s’éloignant de lui à mesure qu’il se penchait vers elle. Je dois aller quelque part.
Tu veux que je t’y dépose ? On peut prendre ma voiture, tu vois… »
Il lui lança un regard lubrique proprement dégoûtant et elle ne put que marmonner un faible « non, merci » avant d’entreprendre de se lever. Deux mains s’abattirent cependant au même moment sur ses épaules, la scotchant sur son tabouret, et elle se retourna pour voir le visage réjoui d’Oliver à quelques centimètres du sien.
« Mayes ! Tu es venue ! » Elle hocha piteusement la tête et ne put s’empêcher de se détester lorsqu’elle réalisa que cela lui faisait plus mal de constater qu’il n’avait même pas remarqué sa présence que de croire qu’il l’avait sciemment ignorée. Elle était vraiment invisible.
Il ôta ses mains de sur ses épaules pour les enfouir dans ses poches. Elle avait remarqué qu’il était de plus en plus réticent à maintenir le moindre contact physique, dernièrement – c’était blessant, mais elle ne disait rien.
« Ça t’a plu ?
Oui, pépia-t-elle d’une voix fluette, la gorge nouée.
– Ça me fait vraiment plaisir que tu sois venue, tu sais ? Je te paye un verre ?
Non, c’est bon, merci, j’ai eu ma dose je crois. Elle se leva et lui fit face, presque à contrecoeur. Tu sais où est Hoyt ? Ils passent Love with the Proper Stranger au cinéma à vingt-trois heures et il m’avait promis qu’on irait… »
Il secoua la tête en signe de dénégation et l’attrapa doucement par le bras, la guidant à travers la salle un peu trop encombrée à son goût. « On va le trouver. »
Et ils le trouvèrent. Complètement défait. Contre un mur, à l’extérieur. En train de peloter allègrement une fille – est-ce que c’était la blonde de tout à l’heure qu’elle reconnaissait là, ou est-ce qu’elle devenait parano et voulait à tout prix que cette fille soit à l’origine de tous ses malheurs ?
« Sérieusement ?! »
La colère qui propulsa ce simple mot hors de sa bouche l’étonna elle-même. Elle en avait marre de la négligence de Hoyt, de l’indifférence de tout le monde, de ne jamais être la priorité de personne. Ses pieds décidèrent d’eux-mêmes de briser le silence nocturne, bravant le froid mordant pour chercher à se poster devant son frère – l’épave qui lui servait de frère. Elle allait le frapper, le défigurer, lui montrer ce que c'était que d'être elle et de recevoir des coups de la part de tout le monde. Mais ce bougre de Prewett la retint par le bras, l’empêchant de parcourir plus de trois pas les séparant de Hoyt. Pourquoi faisait-il ça ? Croyait-il vraiment que la distance l’empêchait de voir que son propre frère était complètement ivre, ou drogué, ou Dieu savait quoi ? Pensait-il sincèrement qu’elle ne pouvait pas voir, de là, l’incohérence de ses gestes, comment il palpait le corps de cette fille avec ses mains maladroites ? Elle se demanda vaguement ce que cela faisait de se faire tripoter de la sorte, mais un coup d’oeil furtif vers Oliver la ramena sur terre avec une soudaine sensation de malaise. Ils la dégoutaient tous. Il était vingt-deux heures quarante-cinq. Il était trop tard. Elle allait rater son film. La seule chose qu’elle ait demandée depuis des mois.
Elle se dégagea de l’étreinte d’Ollie et tourna les talons, toute tremblotante – de froid comme de désarroi. Elle allait rentrer à pieds, cela lui permettrait de se calmer. Elle n’avait pas d’autre choix, de toute façon. Elle marchait vite, vite, vite, aussi vite que possible pour s’éloigner de la catastrophe qu’avait été sa soirée. Pas suffisamment vite, cependant, pour semer les grandes jambes d’Oliver.
« Pas si vite, Mayes. Je suis garé de l’autre côté. On peut encore y arriver à l’heure.  »
C’était du Oliver tout craché. À assumer un rôle qui n’était pas le sien. À se forcer à accompagner la soeur de son meilleur ami pour Dieu savait quelle raison.
« Laisse tomber, Ollie. C’est pas important. C’est pas grave. »
C’était important. C’était grave. C’était grave pour tellement de raisons qu’elle était incapable de dire comment il était possible qu’elle ne soit toujours pas en train de pleurer.
Elle marchait toujours, mais moins vite. Et elle ralentit encore plus – s’arrêta pratiquement, même – lorsqu’elle sentit la main du jeune homme se saisir doucement de la sienne. Ce ne fut qu’une fois arrêtée qu’elle se rendit compte qu’elle tremblait pour de bon. Il le vit, lui aussi, car il lâcha sa main, retira sa veste qu’elle connaissait si bien, et la lui posa sur les épaules. C’est à ce moment-là, lorsqu’elle croisa son regard, qu’elle comprit pourquoi il faisait ça. Il avait pitié d’elle. Beaucoup auraient été rebutés à l’idée de susciter la pitié des gens. Mais Mayella avait tellement peu l’habitude de provoquer autre chose que l’indifférence qu’elle étreignit avec plaisir cette nouveauté, et fit finalement demi-tour – en faisant semblant de trainer des pieds, cela dit.
« T'as pas intérêt à faire le moindre commentaire sur la façon dont Steve McQueen aspire la bouche de la pauvre Natalie Wood. ».

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Dernière édition par Mayella Milburn le Lun 26 Sep - 20:15, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: in your warmth I forget how cold it can be   Lun 26 Sep - 19:49

sophie bienvenue sur dwotg, je te réserve sophie de suite
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MessageSujet: Re: in your warmth I forget how cold it can be   Lun 26 Sep - 19:54

merci beaucoup I love you

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Bienvenue parmi nous avec la jolie Sophie I love you

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MessageSujet: Re: in your warmth I forget how cold it can be   Lun 26 Sep - 20:16

merci pour l'accueil

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MessageSujet: Re: in your warmth I forget how cold it can be   Lun 26 Sep - 21:14

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/you make me laugh until i die, can you think of any better way to choke?/
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MessageSujet: Re: in your warmth I forget how cold it can be   Lun 26 Sep - 21:53

Bienvenue sur le forum ♥
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MessageSujet: Re: in your warmth I forget how cold it can be   Lun 26 Sep - 22:10

Oliver Prewett a écrit:
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:waa:

merci Mirko

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MessageSujet: Re: in your warmth I forget how cold it can be   Lun 26 Sep - 22:19

j'aime beaucoup ton style, je te valide
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MessageSujet: Re: in your warmth I forget how cold it can be   

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